Le Réseau AMAP AURA soutient les éleveurs avicoles

Aujourd’hui plusieurs menaces pèsent sur les éleveurs avicoles en AMAP. Trois sujets mettent en péril leur exploitation : la détection de la salmonelle dans les élevages, les mesures de biVolailles AMAPosécurité entrées mises en application à partir du 1er janvier 2018 et les nouvelles dispositions qui pourraient menacer les abattoirs fermiers de volailles. L’élevage en plein air est menacé par une législation adaptée à l’élevage industriel.
Ensemble, mobilisons-nous!

Un atelier complet a été dédié à cette question lors du Forum Sans Elevage paysan pas d’Agroécologie à Clansayes l e 1er juin dernier. Le compte-rendu est accessible ici.

Détéction de la salmonelle: une législation incompréhensible

L’arrêté du 24 avril 2013 rend obligatoire la détection de la salmonelle dans les élevages de plus de 250 individus et le prélèvement est réalisé dans la litière (fumier) des animaux. Mais qui dit élevage fermier, dit volailles qui gambadent à l’air libre et qui peuvent fouler une surface contaminée par le passage d’oiseaux ou d’animaux sauvages, en plus des équidés, chiens, chats, et autres rongeurs. En cas de contrôle positif, l’abattage du cheptel peut conduire à des conséquences économiques insurmontables par les éleveurs alors même que le consommateur final ne court aucun risque. C’est ce qui est arrivé chez plusieurs éleveurs en AMAP.  Jusqu’en 2013, en cas de détection de salmonelle sur la litière, un deuxième contrôle sur la viande était réalisé. S’il s’avérait négatif, les volailles étaient vendables. Depuis 2013, cette possibilité a été supprimée et seuls deux prélèvements litières sont effectués, à huit jours d’intervalle, et c’est l’abattage.

Un changement de réglementation que dénonce Jacques Rimbault, vice-président de l’association des producteurs fermiers de l’Isère (APFI), à la tête d’un troupeau de 10 000 volailles, dont 180 sont abattus chaque semaine pour être vendus en direct sur le marché bio de Meylan. « La recherche de la salmonelle dans la litière et la fiente n’améliore pas l’efficacité de la recherche sur le produit, viande ou œuf déjà effectué dans les ateliers d’abattage, explique Jacques Rimbault. En abattoir, une analyse est réalisée sur la peau du cou des volailles et ce qui est aberrant c’est qu’en cas de contrôle positif, il n’y a pas de retrait de la marchandise, juste une recommandation de redoubler de vigilance sur les règles sanitaires. »

Et l’abattage de la totalité du cheptel pose un autre problème : un producteur fermier gère sur une même exploitation plusieurs lots d’âges différents, dont certains peuvent être non matures pour être vendus, il étale sa production sur l’année: en cas d’abattage, il perd donc l’entiereté de sa production et son année de vente. Alors qu’en élevage de volaille industriel, si un lot est abattu, 37 jours plus tard ils peuvent à nouveau vendre.

Arrêté de Biosécurité pensé pour l’élevage industriel

Destiné à lutter contre la grippe aviaire, l’arrêté biosécurité impose la définition de différentes unités de production au sein d’une même exploitation, chacune dotée d’un sas sanitaire clos et au sein duquel les volailles sont conduites en bande unique avec réalisation de vides sanitaires entre chaque lot. « L’élevage industriel, c’est un ou deux bâtiments abritant de 25 à 100 000 poulets par an. L’élevage fermier, c’est une dizaine de bâtiments. Si à chaque entrée dans un sas, il faut se désinfecter les mains et se changer, c’est chronophage. Il faudrait que j’emploie une personne à temps plein spécialement dédiée aux entrées et sorties ! Sans compter qu’il faut désinfecter le matériel utilisé et recouvrir les parcours avec de la chaux, destructrice pour les sols. J’ai 3 ha  consacrés au parcours des volailles qui disposent chacune de 4 m2 en herbe, c’est donc impossible. »  Source: L’essor 38, le – Sevim SONMEZ

Nouvelles dispositions sur les abattoirs fermiers de volailles

Le 4 juin 2018, les Etats membres et la Commission Européenne se sont penchés sur le nouveau règlement sur les inspections et la Condéfération Paysanne a relevé le danger que représentent les deux dispositions suivantes, sur un secteur déjà mis à mal par les décisions prises par le ministère pendant la crise de la grippe aviaire :

– De nouvelles contraintes sur les inspections des animaux et des carcasses en abattoir agréé (alors qu’il n’existe pas de problème général sur les garanties apportées par les abattoirs fermiers aujourd’hui), qui pourraient se matérialiser : – par l’obligation de faire venir tous les jours un vétérinaire officiel de la DDPP (qui serait bien incapable d’en fournir), – ou bien par une présence seulement « régulière » de ce véto, si les paysans-abatteurs ont réalisé des formations de 500 heures (3,5 mois équivalent temps plein !!) ;

– Le passage obligatoire des tueries en abattoir agréé, si les produits issus de cet outil d’abattage sont transformés (saucisserie, conserverie, etc.).

Comment se mobiliser?

En rejoignant « Sauve qui poule » demande l’adaptation des normes de biosécurité aux élevages fermiers.

Dans le Vaucluse, le collectif « Sauve qui poule » s’est constitué pour défendre les aviculteurs et l’élevage fermiers. Il demande que le « Guide de bonnes pratiques pour les élevages fermiers » rédigé par les éleveurs deviennent la référence pour les petits élevages. Les éleveurs du collectif ont donc remis au gouvernement un texte adapté à leurs fermes sous la forme d’un « Guide de bonnes pratiques ». L’Etat en a en partie tenu compte puisque les mesures de biosécurité vis-à-vis de l’influenzia aviaire ont été mises à jour le 17 novembre : les petits élevages de volailles (- 5000 animaux) en circuit court et les fermes pédagogiques devraient obtenir à terme des mesures allégées concernant l’application de la biosécurité. Mais le collectif demande désormais « un texte de loi en bonne et due forme permettant une clarté totale ou l’acceptation du « Guide de bonnes pratiques pour les élevages fermiers » comme norme de référence ».

En signant la pétition lancée sur change.org « Sauve qui poule » qui comptabilise à ce jour 6500 signatures.

En envoyant à la Direction Départementale de Protection des Populations la plus proche de chez vous le courrier alertant sur ces dispositions et leur impact sur les éleveur-ses de volailles fermières.  A télécharger ici, attention les éléments en rouge sont à modifier selon votre département.

En lisant les ressources suivantes:

– Article de Bastamag « Ces normes pensées pour l’élevage industriel et qui détruisent le monde paysan »

la Biosécurité pour les petits élevages de volaille