Groupement d’achat : une association complémentaire de l’AMAP

Dans la continuité de la lettre d’info de Mars 2018 sur le Cadre Légal et en réponse aux nombreuses interrogations d’amapien.nes, de paysan.nes et d’artisan.nes, cette brève, consacrée aux groupements d’achat , tente de mettre en évidence les raisons pour lesquelles la création de ces associations, en marge des activités de l’AMAP, constitue souvent une solution adaptée, accédant à divers enjeux, parmi lesquels :

  • Le fait de renforcer l’accès à une alimentation de qualité, issue d’une agriculture durable, éthique, viable, en étoffant l’offre des produits déjà livrés en AMAP,
  • L’organisation de vente ponctuelle,
  • L’affirmation du caractère non-économique des AMAP, par le respect scrupuleux de leur charte, et ainsi la limitation des risques encourus en cas de contrôles par un organisme de répression des fraudes. (voir fiche du MIRAMAP)

(extrait de la fiche fiscalité du MIRAMAP)

« Nous appelons groupement d’achat (GA) un groupe de personnes se constituant dans le but d’acheter en commun à des producteurs et/ou des intermédiaires des produits locaux et/ou issus de l’Agriculture Biologique (avec ou sans label) en faisant le choix (ou non) d’un mode de production paysanne et artisanale. » Définition de Passerelle Eco n°33 – Printemps 2009

Dans quels cas la création d’un groupement d’achat peut/doit-elle être envisagée, parallèlement à l’AMAP ?

A l’instar des GAStronomes (Groupement d’Achat Solidaire), la décision de créer un GA naît souvent d’une envie d’élargir la gamme de produits disponibles en AMAP : étendre à des produits non-alimentaires, artisanaux, non-locaux etc… Dans le cas des GAStronomes, c’est le souhait de se fournir en agrumes qui a été à l’origine de la création de l’association. Considérant que ces fruits, cultivés à plusieurs centaines de kilomètres du Rhône, ne répondaient pas aux principes de la charte des AMAP (distance), il leur est apparu nécessaire de séparer ce qui relève d’un achat mutualisé (GA), de ce qui relève d’un partenariat durable et contractuel auprès d’un paysan local (AMAP). 

Il est donc primordial de bien distinguer ce qui est du ressort d’une AMAP, donc d’une activité de soutien à l’Agriculture Paysanne locale par le moyen d’un engagement contractuel, de ce qui est de l’ordre d’une consommation mutualisée de produits variés, consommation qui peut, par ailleurs, s’avérer durable, équitable, éthique, viable, comme les AMAP. 

Comment procéder pour créer un Groupement d’Achat ?

Comme son nom l’indique, pas de Groupement d’Achat sans collectif ! Et il semble que ce soit l’une des seules contraintes immuables, commune à l’ensemble des associations de ce format. En effet, pour ce qui est du fonctionnement, tout est à construire, à définir, à réfléchir, à penser ! Voici cependant quelques conseils :

  • Groupement d’Achat ne signifie pas autorisation de vente au déballage (comme ce qui se fait par exemple sur un marché). L’idéal pour éviter toute accusation de cet ordre est de procéder par paiement anticipé. Lors de la collecte et répartition des produits, l’ensemble de la commande doit déjà avoir été réglé, aucun échange d’argent n’a donc lieu sur le lieu de distribution. En revanche, contrairement aux AMAP, le règlement peut être effectué en commun et donc transiter par le compte de l’association par exemple.
  • Afin de bien distinguer AMAP et GA, l’idéal est d’organiser les livraisons et distributions à des moments différents,
  • Si vous disposez d’une assurance pour votre AMAP, elle ne couvre pas les activités d’un éventuel groupement d’achat. Veillez donc à couvrir les activités de votre association.

Lors d’une première réunion de création, il est primordial de se questionner collectivement sur les objectifs, impératifs et limites du GA. Voici une liste non-exhaustive de points sur lesquels se questionner pour définir une ligne de conduite, voire un règlement intérieur :

  • De quelle nature peuvent être les produits ? Produits alimentaires, non-alimentaires ?
  • Les achats se font ils uniquement auprès de producteurs ? Peuvent-ils être effectués auprès de grossistes ?
  • Les produits doivent-ils être labellisés ?
  • Une distance maximum entre lieu de production et lieu du GA est-elle définie ?
  • Comment la collecte auprès des producteurs est-elle envisagée ? (Qui, quand, moyens de transport)
  • A quelle fréquence les distributions ont lieu ? Où ont elles lieu ? A tour de rôle chez un des membres du GA ? Dans un lieu mis à disposition par la mairie..?
  • Comment les producteurs sont sélectionnés ? Une visite de leur lieu de travail est-elle obligatoire avant toute première commande ?

Enfin, voici une proposition d’organisation pour le passage des premières commandes :

PREMIÈRE RÉUNION :

  • Répartition des tâches : chaque participant.e prend en charge un ou deux produits. Il.elle devra trouver un.e producteur.rice répondant aux contraintes fixées par le collectif, prendre contact avec lui.elle et définir à ses côtés : régularité des commandes souhaitée, organisation générale pour la récupération des marchandises, le mode de paiement etc…
  • Définir un responsable qui centralisera dans un tableur toutes les informations collectées par les membres

Afin de trouver les producteurs/rices adéquat.es, vous pouvez vous rendre sur les marchés proches de chez vous.

DEUXIÈME RÉUNION

  • Chacun-e fait un retour au collectif sur ses échanges avec le/la producteur.rice rencontré.e
  • Les premières commandes peuvent être passées

TROISIÈME RÉUNION

  • Toutes les personnes ayant passé commande règlent son montant auprès du « référent » de ce produit.

Entre la troisième et la quatrième réunion, selon l’organisation définie au sein du collectif, les référent.es se chargent d’aller collecter la commande auprès du/de la producteur.rice.

QUATRIÈME RÉUNION : Distribution des commandes !

Il faut envisager les groupements d’achats comme un complément aux AMAP qui, en plus d’offrir une possibilité supplémentaire de se fournir en produits de qualité, respectueux de l’environnement, permettent au Mouvement des AMAP de faire valoir sa posture d’association soutenant les paysan.nes et leurs activités. En effet, la distinction opérée permet de réaffirmer la volonté des AMAP de ne pas être assimilées à des associations de consommateurs mais bien à un collectif œuvrant pour une transformation sociale et écologique de l’agriculture et de notre rapport à l’alimentation.

Le Réseau AMAP AuRA a réalisé cet article afin de permettre à chacun.e de saisir les enjeux de la création de GA mais n’a nullement vocation à accompagner leur création.

Pour conclure, voici l’extrait d’un travail réalisé par le Collectif pour une transition citoyenne:

« Les produits proposés peuvent être alimentaires et non alimentaires (savons, huiles essentielles…). Il ne s’agit pas de concurrencer les AMAP ou les autres modes de circuits courts là où ils existent mais de compléter et d’élargir l’offre de produits. »