Votre AMAP souhaite lutter contre la précarité alimentaire sur son territoire ? Pistes d’actions

Encouragé par les initiatives des AMAP, le Réseau souhaite approfondir avec vous quelques pistes d’action pour associer AMAP et lutte contre la précarité alimentaire. Si l’une d’elles vous intéresse, contactez-nous pour vous lancer dans l’aventure à la rentrée.

  • Transformer l’approvisionnement des épiceries sociales et solidaires

Les épiceries sociales et solidaires sont des structures sociales et reçoivent à ce titre des bénéficiaires orientés par les services sociaux. Les épiceries sont régulièrement à la recherche de nouveaux circuits d’approvisionnement, qui permettent des petits prix tout en assurant une qualité des produits.

Les paysans des AMAP peuvent approvisionner les épiceries sociales et solidaires locales avec le soutien de l’AMAP. En effet, pour permettre un petit prix, nécessaire pour le public bénéficiaire de l’épicerie, sans pour autant demander au paysan de réduire ses prix, les AMAPiens et/ou l’AMAP (en cas de trésorerie suffisante), peuvent, moyennant un surcoût des paniers, constituer une cagnotte auprès du paysan. Celui-ci utilise cette cagnotte pour approvisionner régulièrement l’épicerie.

Suite à une rencontre avec le GESRA (Groupement des épiceries sociales et solidaires d’Auvergne Rhône-Alpes), le Réseau AMAP AuRA étudie l’intérêt de travailler sur l’approvisionnement des épiceries en produits distribués dans les AMAP. 

Un tel partenariat peut également être monté avec une association de don alimentaire. Cela permet de continuer de soutenir le paysan dans son activité, et d’améliorer la qualité, la traçabilité, l’ancrage local des denrées distribuées aux citoyens les moins aisés.

  • Participer à la mise à disposition d’une parcelle chez son paysan

Certains paysans font le choix de dédier une parcelle de leur ferme ou une partie de leur récolte à des associations, ou épiceries sociales et solidaires. Ils acceptent de cultiver la parcelle pour l’association ou l’épicerie, et de donner ou de vendre à moindre coût les récoltes de cette parcelle.  Dans l’optique de soutenir cette démarche, et de ne pas la faire reposer uniquement sur la solidarité du paysan, l’AMAP peut participer financièrement en achetant les semences ou une partie de la récolte, ou en participant à des journées de chantier à la ferme avec les bénéficiaires.

Si une telle démarche intéresse les paysans, l’AMAP peut devenir un réel vecteur de soutien économique.

  • Mettre en place un contrat solidaire dans l’AMAP

Certaines AMAP, dont AMAPopote lyonnaise , ont fait le choix de proposer des contrats avec plusieurs tarifs :

  • un tarif solidaire un peu plus cher que le contrat classique
  • un tarif social, moins cher que le contrat classique.

Les contrats des uns permettent d’assurer un petit prix pour les contrats des autres.  Les AMAP ayant mis en place ce dispositif considèrent qu’il faut 2/3 de personnes solidaires pour financer la subvention des paniers du 1/3 restant.

De même, les AMAPiens/AMAP (en cas de trésorerie suffisante) peuvent mettre en place une cagnotte spécifique permettant de financer une partie de contrats aux tarifs bas.

Pour toucher un public à petits revenus moins sensibilisé aux AMAP, il semble essentiel de travailler avec un partenaire social qui propose à ses bénéficiaires l’entrée en AMAP.

L’expérience montre que ce dispositif permet principalement de toucher des personnes ayant des petits moyens (étudiants, personnes aux faibles revenus), mais qui sont en mesure de s’engager et d’avancer de la trésorerie. Pour les publics en situation de grande précarité, les questions de l’engagement en AMAP et d’avance de trésorerie sont parfois rédhibitoires : il faut alors parfois construire d’autres dispositifs solidaires.

  • Réfléchir avec les acteurs sociaux, collèges, lycées (etc…) à la création d’AMAP en quartier prioritaire

Les quartiers prioritaires sont parfois qualifiés de déserts alimentaires, c’est-à-dire que les habitants n’ont localement pas accès à des produits sains pour des prix accessibles. L’AMAP peut alors apporter une partie de réponse à cette situation en favorisant un approvisionnement des ménages en produits paysans.

Monter une AMAP dans un quartier prioritaire où les habitants ont des revenus bas peut amener plusieurs questions : celle de la sensibilisation, celle du prix, celle de l’engagement, celle du contenu des paniers, celle de l’accompagnement des bénéficiaires… Les retours d’expériences montrent qu’il est alors nécessaire de s’adosser à une structure sociale pour que la livraison des paniers soit concomitante avec l’accompagnement des ménages.

De même, un collège peut être un lieu intéressant pour monter une AMAP : d’une part, la création d’AMAP peut être construite comme projet pédagogique et à ce titre être portée par une équipe enseignante et des élèves. De plus, la variété du public qui fréquente les collèges (élèves et parents de milieux socio-économiques différents, équipes pédagogiques, associations, voisinage…) peut permettre de renforcer l’AMAP d’une année à l’autre et de réfléchir à un fonctionnement solidaire (des contrats moins chers et des contrats solidaires).

Cette année, le Réseau AMAP AuRA accompagne la création d’AMAP dans des collèges de quartiers prioritaires : l’occasion de se poser toutes ces questions et de trouver des pistes de réponse (notamment en mobilisant la communauté éducative dans l’AMAP, et en travaillant en bonne intelligence et concertation avec les parents, futurs AMAPiens !)

Votre AMAP a expérimenté une de ces propositions ? Une autre démarche ? Ou souhaite réfléchir avec le Réseau sur ces questions ? Rejoignez-nous et contactez Bénédicte: service-civique@amap-aura.org