Gel : comment être solidaire de nos paysan·ne·s ?

Les épisodes désastreux de gels du mois d’avril ont fait trembler les cultures.

Contrairement à la communication actuelle du gouvernement, les gelées d’avril ne nous sont pas inconnues, par contre cela nous montre que les hivers de plus en plus doux peuvent être dévastateurs : une floraison précoce et des arbres fragilisés par les aléas du changement climatique.

Du côté des arboriculteur·ice·s et des vigneron·ne·s, ce scénario de printemps est imparable : si des bourgeons fermés résistent bien au gel, les chaleurs précoces ont fait monter la sève qui a gelé et privé les bourgeons ouverts et les fruits naissants de nourriture et grillant ceux qui étaient en fleurs.

Le régime des calamités agricoles déclenché par le gouvernement, système d’aide financière débloquée par l’État, est remis en cause par la Confédération paysanne. Il faut des mesures d’urgence mais aussi et surtout des mesures de fonds : voir le communiqué de presse.

 

Dans nos AMAP, soyons solidaires !

Pour soutenir les paysan·ne·s lourdement touchés par les gelées du mois d’avril, aidez-vous, au sein de vos AMAP, du Kit Gestion des aléas climatiques.

Retrouvez-y un panel de solutions pour maintenir le partenariat et soutenir votre paysan·ne !

  • Renoncer aux paniers restants du contrat en cours ;
  • Renoncer à certains paniers du contrat si certaines cultures sont épargnées ;
  • Accepter des paniers moins garnis ;
  • Compenser le contenu du panier par d’autres produits de la ferme ;

Le plus important : réfléchir collectivement avec paysan·ne·s et collectif de l’AMAP pour trouver les solutions les plus adaptées au besoin de la ferme, et communiquer auprès de tous les AMAPien·ne·s.

Les cagnottes solidaires sont aussi un moyen de soutenir sous la forme de prêt à taux 0 des projets agricoles.

Issues de l’expérience de certaines Cigales et inspirées du fonctionnement des tontines, les cagnottes solidaires sont un outil de financement local et participatif. Elles permettent à un groupe de personnes organisé en association de mettre en commun des fonds destinés à soutenir des projets participant au maintien et au développement de l’agriculture paysanne

Pour tout savoir sur les cagnottes, retrouvez le kit finance solidaire ici et pour avoir des retours d’expériences de cagnotteurs c’est ici.

Enfin, il est possible de lancer un financement participatif. Le réseau a identifié plusieurs plateformes proposant ces solutions, dont la plateforme MiiMOSA qui propose qui a décidé de ne pas se rémunérer pour toutes les collectes liées au gel (frais à 3% au lieu de 8%, pour couvrir les frais bancaires). Nous avons répertorié et classé différentes plateformes de crowdfunding dans ce tableau comparatif. Pour toute question, vous pouvez appeler le réseau AMAP AuRA au 04 81 91 65 34.

 

Ensemble, luttons pour une agriculture paysanne, respectueuse des sols, de l’environnement, des animaux, des emplois paysans.

L’agriculture essentiellement intensive et industrielle, participe pour un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).

Pour répondre à ces enjeux climatiques, il est primordial de préserver les emplois agricoles qui vont en disparaissant au profit des grosses exploitations pollueuses de l’environnement et destructrices de biodiversité. Il est important d’encourager la diversification des cultures dans les champs et aider les jeunes paysan·ne·s à s’installer.

Face au lobby agro-industriel qui promet des variétés OGM adaptées et brevetées, ainsi qu’un ensemble de solutions technologiques et chères, il nous faut nous recentrer sur l’autonomie des fermes, l’intégration écologique, l’agriculture locale et vivrière, l’emploi, la préservation des paysages, les circuits-courts de consommation…

Pour vivre en cohésion avec la nature et non lui faire face, il nous faut une agriculture vivrière de proximité, de qualité, créatrice de valeur locale et semeuse d’espoirs !

La semaine du 12 avril, des mobilisations organisées par la Confédération paysanne ont eu lieux dans toute la France pour réclamer une Politique Agricole Commune qui favorise l’emploi plutôt que les hectares : voir le communiqué.